Périménopause : comprendre ce qui change vraiment dans le corps et dans la vie d’une femme

Périménopause : comprendre ce qui change vraiment dans le corps et dans la vie d’une femme

Le mois de septembre est consacré à la sensibilisation à la périménopause. Une occasion importante de parler d’une période encore trop souvent mal comprise, alors même qu’elle concerne une grande partie des femmes.

Car la périménopause ne commence pas le jour où les règles s’arrêtent. Elle peut s’installer plusieurs années avant la ménopause et se manifester de façon très différente d’une femme à l’autre.

Et c’est précisément ce qui la rend parfois difficile à identifier.

La périménopause ne se résume pas à des cycles qui changent

On associe souvent la périménopause à des règles irrégulières, des bouffées de chaleur ou des sueurs nocturnes. Ces manifestations existent, bien sûr, mais elles ne racontent qu’une partie de l’histoire.

Les premières modifications peuvent apparaître alors que les cycles restent encore relativement réguliers, dès 35 ans. Une femme peut commencer à mal dormir, se sentir plus anxieuse ou irritable, avoir davantage de difficultés à se concentrer, ressentir une fatigue inhabituelle ou avoir l’impression de ne plus fonctionner tout à fait comme avant.

Elle peut alors mettre ces changements sur le compte du stress, d’une période professionnelle particulièrement chargée ou simplement de l’âge.

Pourtant, les fluctuations hormonales de la transition ménopausique peuvent déjà être à l’œuvre.

Des hormones qui ne diminuent pas simplement « en ligne droite »

La périménopause n’est pas une période durant laquelle les hormones sexuelles diminueraient progressivement et de manière prévisible.

Les ovaires deviennent progressivement moins réguliers dans leur fonctionnement et les concentrations d’œstrogènes et de progestérone peuvent fluctuer de façon importante. C’est notamment cette variabilité qui peut rendre les symptômes difficiles à prévoir.

Une femme peut ainsi connaître plusieurs semaines relativement sereines, puis traverser une période où son sommeil, son humeur, son énergie ou son cycle se modifient nettement.

C’est aussi pour cette raison qu’il est parfois difficile de faire comprendre ce que l’on ressent à son entourage : lorsque les manifestations sont fluctuantes, elles sont difficiles à expliquer et encore plus difficiles à anticiper.

Il n’existe pas une seule façon de vivre la périménopause

C’est probablement l’un des messages les plus importants à faire passer.

Deux femmes du même âge peuvent traverser leur périménopause de manière complètement différente.

L’une sera principalement gênée par les troubles du sommeil et les bouffées de chaleur. Une autre pourra ressentir davantage de fatigue, de changements d’humeur ou de difficultés cognitives. Une troisième remarquera surtout des modifications de son cycle, de sa composition corporelle ou de sa sexualité.

Et tout ce que l’on ressent à 45 ans n’est pas nécessairement lié à la périménopause.

Une fatigue persistante, des palpitations, des troubles digestifs, une modification importante du sommeil ou de l’humeur peuvent avoir de nombreuses causes et méritent, lorsque cela est nécessaire, une véritable évaluation.

L’enjeu n’est donc ni de tout attribuer aux hormones, ni de considérer que tout ce qui arrive à cette période est « normal parce qu’on vieillit ».

L’enjeu est de comprendre ce qui se passe.

La santé à la quarantaine et à la cinquantaine ne se résume pas aux symptômes

La transition ménopausique est aussi une période intéressante pour faire le point plus largement sur sa santé.

La masse musculaire et osseuse, la santé cardiovasculaire et métabolique, le sommeil, la santé sexuelle et urinaire, la pression artérielle ou encore certains facteurs de risque évoluent avec l’âge et méritent une attention particulière.

C’est une période où il peut être pertinent de ne plus attendre que quelque chose devienne problématique pour commencer à s’en occuper.

La périménopause peut ainsi devenir un moment de réévaluation : comment est-ce que je dors ? Comment est-ce que je bouge ? Quelle place la force musculaire occupe-t-elle dans ma vie ? Comment est-ce que je me nourris ? Comment est-ce que je prends soin de ma santé cardiovasculaire ? Et, plus largement, comment est-ce que je veux vivre les prochaines décennies ?

Alors, faut-il traiter les symptômes ou chercher leur sens ?

Pour moi, la question ne se pose pas en ces termes.

Je ne choisis pas entre traiter le symptôme et lui donner du sens. Je veux comprendre les deux.

Une bouffée de chaleur a une dimension physiologique. Un sommeil qui se dégrade mérite que l’on cherche ce qui peut l’améliorer. Une fatigue persistante ne doit pas être simplement interprétée comme une conséquence inévitable de l’âge.

Mais derrière ces manifestations, il y a aussi une femme, avec son histoire, son mode de vie, son terrain, ses contraintes, ses ressources et parfois une période de vie qui lui demande de se réajuster.

C’est pourquoi je ne crois pas aux listes universelles de « cinq solutions indispensables pour toutes les femmes en périménopause ».

Ce qui peut être pertinent pour une femme ne l’est pas nécessairement pour une autre.

Même symptôme ne signifie pas forcément même terrain, même histoire ou même accompagnement.

La périménopause comme période de transition

La périménopause est une transition biologique majeure. Mais elle peut aussi devenir une période de transition plus globale.

Certaines femmes commencent à questionner leur rapport au travail, au couple, à la maternité, au corps, au temps ou à leur propre identité. Ce qui fonctionnait jusque-là peut soudain sembler moins juste.

Ce n’est pas nécessairement une crise à résoudre.

Cela peut aussi être le signe qu’une nouvelle étape de la vie est en train de se dessiner.

C’est dans cette perspective que j’aime parler de Second Printemps.

Non pas comme une invitation à retrouver la femme que l’on était avant, mais comme la possibilité de rencontrer celle que l’on est devenue.

La périménopause mérite donc mieux que les clichés, les injonctions et les solutions toutes faites. Elle mérite de la connaissance, de l’écoute, une prise en charge adaptée lorsque cela est nécessaire, mais aussi un regard suffisamment large pour considérer la femme dans son ensemble.

Car comprendre la périménopause, ce n’est pas seulement apprendre à reconnaître ses symptômes.

C’est aussi apprendre à regarder autrement cette période de transformation.

Et peut-être à y voir non pas la fin de quelque chose, mais l’entrée dans une nouvelle saison de sa vie.

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